Le CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris
Ce qu’il mesure vraiment, pourquoi il bouge et comment lire sa valeur sans se tromper.
Le CAC 40 est l’indice de référence de la Bourse de Paris. Il suit 40 grandes sociétés cotées sur Euronext Paris, pondérées selon leur capitalisation flottante, et sert de baromètre au marché actions français. Lancé fin 1987 sur une base de 1 000 points, il se lit toujours par rapport à ce point de départ. Pour s’y exposer, on passe en général par un tracker (ETF) qui réplique sa composition.
- 40 grandes valeurs cotées à Paris, pas une moyenne simple des cours.
- Pondération par la capitalisation flottante : les poids lourds bougent l’indice plus que les petites lignes.
- Indice prix ou CAC 40 GR : seul le second tient compte des dividendes réinvestis.
- S’y exposer passe le plus souvent par un tracker, sans effacer le risque de marché.
Le CAC 40, c’est quoi exactement ?
Le CAC 40 est l’indice de référence de la Bourse de Paris. Il suit la valeur de 40 grandes sociétés cotées sur Euronext Paris et sert de baromètre au marché actions français. Quand un journal du soir annonce que « la Bourse a clôturé en hausse », c’est le plus souvent de lui qu’il s’agit.
Son sigle vient de « Cotation Assistée en Continu », l’ancien système électronique qui cotait les valeurs en temps réel. L’indice a été lancé fin 1987, avec une base fixée à 1 000 points au 31 décembre de cette année-là. Tout se lit par rapport à ce point de départ : un indice à 8 000 points signifie, en gros, que le panier de valeurs vaut huit fois sa référence d’origine, dividendes mis à part.
Mieux vaut y voir un échantillon représentatif qu’une moyenne arithmétique des cours. Les 40 sociétés ne pèsent pas toutes pareil, et c’est précisément ce qui rend la lecture de l’indice un peu moins évidente qu’il n’y paraît.
Comment l’indice est calculé
La pondération par la capitalisation flottante
Chaque société entre dans le calcul à hauteur de son poids, mesuré par sa capitalisation boursière flottante. La capitalisation, c’est le nombre d’actions multiplié par leur cours. Le « flottant » ne retient que la part des actions réellement disponibles à l’achat sur le marché, en excluant celles bloquées durablement par un État ou un actionnaire familial de référence.
Conséquence directe : une très grosse capitalisation fait bouger l’indice bien plus qu’une petite. Si un poids lourd recule de 3 % dans la journée pendant qu’une valeur plus modeste gagne autant, l’indice penche du côté du poids lourd. Quelques sociétés suffisent souvent à expliquer la séance, et regarder « le CAC » revient surtout à regarder ses plus grosses lignes.
Le plafonnement du poids des plus grosses valeurs
Pour éviter qu’une seule société n’écrase l’indice, le poids de chaque valeur est plafonné lors des révisions, autour de 15 %. Sans ce garde-fou, une entreprise devenue énorme finirait par dicter à elle seule la tendance, et l’indice perdrait son rôle de mesure d’ensemble. Le plafond redonne un peu d’air aux autres lignes sans transformer pour autant le CAC 40 en moyenne égalitaire.
Qui décide de sa composition
Cette pondération suppose une liste tenue à jour, et elle l’est. Les 40 valeurs ne sont pas figées : elles sont revues périodiquement par un conseil scientifique des indices, un comité indépendant qui se réunit à intervalles réguliers. Il s’appuie sur des critères objectifs, au premier rang desquels la capitalisation flottante et le volume d’échanges : une société très grosse mais très peu traitée n’a pas le même intérêt qu’une valeur active.
À chaque révision, une entreprise peut entrer dans l’indice et une autre en sortir, sans que cela traduise un jugement sur sa santé. Une sortie du CAC 40 signifie simplement qu’au regard des critères, d’autres sociétés sont devenues plus représentatives du marché à cet instant. Cette rotation lente fait que la composition d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle des années 1980.
Lire la valeur du CAC 40 sans se tromper
Indice prix ou dividendes réinvestis
C’est la nuance la plus mal comprise. L’indice que l’on voit partout, celui affiché aux journaux télévisés, est l’indice « nu » : il ne tient compte que de l’évolution des cours, pas des dividendes versés par les sociétés. Or les entreprises du CAC 40 distribuent chaque année des dividendes substantiels.
Il existe donc une seconde version, le CAC 40 GR (pour « gross return », dividendes bruts réinvestis), qui ajoute ces versements à la performance. Sur le long terme, l’écart entre les deux est loin d’être anecdotique.
| Version de l’indice | Ce qu’elle mesure |
|---|---|
| CAC 40 (indice prix) | La seule évolution des cours, sans les dividendes. C’est la valeur citée au quotidien. |
| CAC 40 GR (dividendes réinvestis) | L’évolution des cours plus les dividendes versés, supposés réinvestis. Plus fidèle pour juger une performance longue. |
Quand un article compare la performance du CAC 40 sur dix ou vingt ans, mieux vaut vérifier de quelle version il parle : juger la rentabilité du marché français sur le seul indice prix revient à ignorer une part importante de ce que rapportent réellement les actions.
Quand et où il cote
L’indice est recalculé en continu pendant les heures d’ouverture d’Euronext Paris, en journée et en semaine, hors jours fériés. En dehors de ces horaires, la valeur affichée est simplement la dernière connue : elle ne « vit » pas la nuit, même si les marchés asiatiques ou américains bougent entre-temps.
Une variation se lit de deux façons complémentaires. En points, elle indique la distance parcourue depuis la veille. En pourcentage, elle ramène cette distance à une base comparable d’un jour à l’autre. C’est le pourcentage qui permet de comparer une séance à une autre, car un même gain en points ne pèse pas pareil selon le niveau de l’indice.
Ce que l’indice dit, et ce qu’il ne dit pas
Le CAC 40 est un bon thermomètre des grandes capitalisations cotées à Paris. Il n’est pas le thermomètre de l’économie française. La distinction compte. Beaucoup de sociétés de l’indice réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires hors de France ; leur cours réagit autant à la conjoncture mondiale, au dollar ou au prix des matières premières qu’à la santé du marché intérieur.
Un CAC 40 en forme n’implique pas mécaniquement une économie domestique florissante, et un repli de l’indice n’annonce pas forcément une récession. Des pans entiers du tissu économique en sont absents : PME, entreprises non cotées, artisanat. Confondre l’indice avec l’état général du pays mène à de fausses conclusions.
S’exposer au CAC 40
les voies possibles
On n’achète pas un indice directement : ce n’est qu’un calcul, pas un titre. Pour s’y exposer, la voie la plus répandue passe par les fonds qui répliquent sa composition, en particulier les trackers, ou ETF. Un tracker CAC 40 cherche à coller au plus près de l’indice en détenant, sous une forme ou une autre, l’ensemble des valeurs qui le composent. Acheter une part, c’est s’exposer d’un coup aux 40 sociétés, dans leurs proportions du moment.
L’intérêt tient à la diversification immédiate et à une gestion simple, là où acheter une à une les 40 actions serait coûteux et fastidieux. Cela ne supprime aucun risque de marché : un tracker fidèle baisse autant que l’indice quand le marché recule. Le choix d’un support, d’une enveloppe fiscale ou d’un intermédiaire dépend de la situation de chacun et de son horizon, et mérite d’être étudié posément plutôt que dans l’urgence d’une séance agitée.
Que veut dire le sigle CAC 40 ?
CAC vient de « Cotation Assistée en Continu », l’ancien système électronique de cotation en temps réel de la Bourse de Paris. Le 40 renvoie au nombre de sociétés retenues dans l’indice.
Pourquoi le CAC 40 monte ou baisse ?
Il varie avec le cours des 40 sociétés qui le composent, chacune pesant selon sa capitalisation flottante. Les plus grosses valeurs influencent donc davantage la séance qu’une variation des plus petites lignes.
Quelle différence entre le CAC 40 et le CAC 40 GR ?
L’indice classique, dit « nu », ne tient compte que de l’évolution des cours. Le CAC 40 GR (dividendes bruts réinvestis) y ajoute les dividendes versés, ce qui donne une image plus complète de la performance sur le long terme.
Comment investir dans le CAC 40 ?
On ne peut pas acheter l’indice lui-même, qui n’est qu’un calcul. La voie la plus courante passe par un tracker (ETF) qui réplique sa composition, ce qui expose d’un coup aux 40 valeurs. Cela n’efface pas le risque de marché.
Au fond, comprendre le CAC 40 tient en deux réflexes : savoir que quelques poids lourds y dictent la tendance, et regarder la bonne version de l’indice avant de juger une performance.