TJM freelance
ce qu’il couvre et comment le calculer
Pourquoi un TJM élevé n’est pas un gros revenu, comment l’établir à partir de ses propres chiffres, et quand lui préférer un forfait.
Le TJM, ou taux journalier moyen, est le tarif qu’un freelance facture pour une journée de prestation. Ce n’est pas un salaire : il doit couvrir les charges, les cotisations, les congés, la prospection et toutes les journées non facturées. On le calcule à partir du revenu net visé et du nombre de jours réellement facturables sur l’année, pas des jours ouvrés.
- Pas un salaire journalier : le TJM se lit à l’échelle de l’année, charges et trous compris.
- Jours facturables, pas jours ouvrés : souvent 150 à 200 jours vendus, le reste part en gestion et prospection.
- Partir de son revenu net visé : le calcul s’ancre dans ses propres chiffres, pas dans une grille.
- TJM ou forfait : le premier protège quand le périmètre est flou, le second quand il est cadré.
Le TJM, de quoi parle-t-on
Le TJM — taux journalier moyen — désigne le tarif qu’un freelance facture pour une journée de travail. Un développeur à 500 € de TJM facture 500 € la journée passée sur une mission. Le terme est simple ; sa lecture l’est moins, car ce chiffre n’a pas la même signification qu’un salaire journalier.
Un salarié touche sa paie qu’il soit en réunion, en formation, en congé ou malade. Le freelance, lui, ne facture que les journées effectivement travaillées pour un client, et sur ces journées seulement. Tout le reste — la gestion de son activité, la recherche de missions, les temps morts entre deux contrats — n’apparaît sur aucune facture. Le TJM doit pourtant financer tout cela. C’est le premier point à intégrer avant de fixer le sien.
Pourquoi un TJM élevé n’est pas un gros revenu
L’erreur la plus répandue consiste à multiplier son TJM par le nombre de jours ouvrés dans l’année et à se réjouir du résultat. Le calcul est faux à plusieurs titres.
D’abord, toutes les journées ne se facturent pas. Sur une année, il faut retirer les congés, les jours fériés, les éventuels arrêts, mais aussi le temps consacré à des tâches non facturables : prospecter, répondre à des appels d’offres, tenir sa comptabilité, se former, gérer l’administratif. Un freelance qui facture 200 jours dans l’année est déjà bien occupé ; beaucoup tournent en dessous.
Ensuite, le TJM facturé n’est pas du revenu net. Il faut en soustraire les cotisations sociales, les impôts liés à l’activité, les frais professionnels — matériel, logiciels, assurance, parfois un local ou des déplacements. Selon le statut choisi — micro-entreprise, société, portage salarial —, la part qui finit réellement dans la poche varie sensiblement. À cela s’ajoutent les périodes creuses : entre deux missions, le compteur ne tourne pas, mais les charges fixes continuent. Vu sous cet angle, un chiffre qui paraît confortable à la journée se révèle souvent juste nécessaire à l’année.
Calculer son TJM à partir de ses propres chiffres
Plutôt que de recopier une grille, mieux vaut partir de sa propre situation. La logique pour calculer son TJM tient en quatre temps.
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Fixer le revenu net annuel visé
C’est ce que l’on veut réellement gagner, une fois tout payé. Partir de ce chiffre, et non d’un TJM attrapé ailleurs, ancre le calcul dans la réalité.
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Ajouter ce qui s’ajoute au net
Cotisations, impôts liés à l’activité, frais professionnels : on majore le revenu visé pour obtenir le chiffre d’affaires nécessaire. La majoration dépend du statut, et c’est là qu’un échange avec un comptable évite les mauvaises surprises.
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Estimer les jours réellement facturables
Pas les 218 jours ouvrés théoriques, mais ce que l’on pense pouvoir vendre : souvent un ordre de grandeur de 150 à 200 jours, une fois retirés congés, prospection, gestion et marge pour les creux.
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Diviser
Le chiffre d’affaires nécessaire divisé par le nombre de jours facturables donne le TJM plancher — celui en dessous duquel l’objectif n’est pas atteignable.
Visons 40 000 € net par an. Après majoration des charges et des frais, supposons un chiffre d’affaires nécessaire de l’ordre de 70 000 €. Sur 175 jours facturables, le TJM plancher ressort autour de 400 €. Changez un paramètre — moins de jours vendus, plus de charges — et le plancher monte aussitôt. L’intérêt n’est pas le chiffre final, propre à chacun, mais de voir ce qui le fait bouger.
Ce qui fait varier un TJM
À situation comparable, deux freelances peuvent afficher des TJM très différents sans que l’un se trompe. Le niveau d’expertise pèse le plus lourd : une compétence rare ou une expérience confirmée se facturent davantage, parce qu’elles font gagner du temps et réduisent le risque pour le client. Autour de ce facteur central gravitent le secteur, plus ou moins tolérant aux tarifs élevés, le type de client — un grand groupe et une petite structure n’ont ni les mêmes budgets ni les mêmes attentes —, la complexité de la mission, son urgence, et une localisation dont le travail à distance a réduit le poids sans l’effacer.
C’est précisément parce que ces éléments se combinent que les grilles de TJM par métier trompent. Elles donnent une fourchette moyenne qui ne dit rien de votre cas. Elles servent tout au plus de repère grossier ; elles ne remplacent pas un calcul fondé sur vos chiffres.
TJM ou forfait
choisir le bon mode de facturation
Le TJM n’est pas le seul mode de facturation. Le forfait — un prix fixe pour un livrable défini — répond à d’autres situations. Le choix dépend surtout de la clarté du périmètre et de la maîtrise du temps.
| Critère | Plutôt au TJM | Plutôt au forfait |
|---|---|---|
| Périmètre | Flou ou évolutif | Précis et stable |
| Maîtrise du temps | Difficile à estimer | Bien anticipée |
| Risque de dépassement | Porté par le client | Porté par le freelance |
| Type de mission | Régie, accompagnement, durée ouverte | Livrable défini, projet borné |
En pratique, le TJM protège le freelance quand le besoin n’est pas figé : si la mission s’allonge, la facturation suit. Le forfait rassure le client sur le coût total, mais fait peser le risque de dépassement sur le prestataire — d’où l’intérêt de ne le proposer que sur un périmètre vraiment cadré.
Fixer son TJM, ce n’est pas trouver le bon chiffre une fois pour toutes, mais tenir une équation qui se recalcule à mesure que l’activité avance.
Vincent Grandet
Fixer et faire évoluer son TJM sans se tromper
Quelques fautes reviennent souvent. La première : calquer son TJM sur un salaire, en oubliant tout ce qu’il doit financer en plus. La deuxième : recopier une grille trouvée en ligne, sans la confronter à ses propres jours facturables et à ses charges. La troisième : ne jamais réviser son tarif, par peur de perdre des clients.
Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. Un TJM se révise, et c’est sain. À mesure que l’expérience s’accumule, que la demande se confirme, qu’un agenda se remplit, augmenter son tarif n’a rien d’illégitime — c’est le signe d’une activité qui mûrit. Le bon moment se repère à quelques signaux : un carnet de commandes plein des mois à l’avance, des missions refusées faute de temps, une compétence montée en gamme. Mieux vaut alors ajuster son TJM pour les nouveaux clients que travailler davantage au même prix.
Qu’est-ce que le TJM d’un freelance ?
Le TJM, ou taux journalier moyen, est le tarif facturé par un freelance pour une journée de prestation. Il ne correspond pas à un salaire journalier : il doit couvrir les charges, les cotisations, les frais professionnels, les congés, la prospection et les périodes sans mission. Un TJM se lit toujours à l’échelle de l’année, pas de la seule journée.
Comment calculer son TJM ?
On part du revenu net annuel visé, auquel on ajoute les charges, cotisations et frais pour obtenir le chiffre d’affaires nécessaire. On estime ensuite le nombre de jours réellement facturables dans l’année — souvent entre 150 et 200, une fois retirés congés, gestion et prospection. Le chiffre d’affaires divisé par ces jours donne le TJM plancher en dessous duquel l’objectif n’est pas atteignable.
Le TJM correspond-il à un salaire ?
Non. Un salarié est payé même lorsqu’il ne produit pas directement (congés, formation, réunions), tandis que le freelance ne facture que les journées travaillées pour un client. Le TJM doit financer tout le reste : les charges, les temps non facturables et les périodes creuses. Comparer un TJM à un salaire journalier mène donc à surestimer largement le revenu réel.
Faut-il facturer au TJM ou au forfait ?
Le TJM convient quand le périmètre est flou ou évolutif et que le temps est difficile à estimer : si la mission s’allonge, la facturation suit. Le forfait convient à un livrable précis et borné, mais fait peser le risque de dépassement sur le freelance. La règle pratique : ne proposer un forfait que sur un périmètre clairement cadré, et préférer le TJM quand le besoin reste ouvert.
Un TJM bien posé n’est pas le chiffre le plus haut qu’on ose annoncer, mais celui qui rend l’activité tenable : il paie le travail, ce qui l’entoure, et les jours où rien n’entre. Le reste se règle au fil des missions, en réajustant quand l’expérience et la demande le permettent.